La joie de vivre

La joie de vivre…Quel joli mot qui m’accompagne depuis très longtemps. Il faut dire que c’était le nom du magasin de jouets de mon enfance et quelle jolie idée. On me dira, parler de la joie de vivre ici et maintenant quelle drôle d’idée…Et pourtant oui, même dans ces jours de toutes les incertitudes d’un présent à la fois si plein de promesses et d’incertitudes mélangées, il y a une beauté de vivre. Une joie oui, un espoir qui ne peut se détacher de vous. Une force reste qui amène à surmonter une fois encore les épreuves et faire face encore. Et puis la vie, pour peu qu’on fasse l’effort de la voir, même au milieu du pire elle est toujours là autour de nous. Elle est là pour nous rappeler de ne jamais céder, elle est dans mille petits détails, dans mille petites choses, c’est dur, parfois, de la voir, mais elle est là…!

Elle est ce chat blanc qui depuis quelques temps ne cesse de tourner autour de la maison et qu’il ne semble pas possible de voir autrement qu’en mauvaise posture. Quand il ne se fait pas attaquer par deux corbeaux, il se fait latter par tous les congénères qu’il croit avoir la chance de croiser. Joyeux et confiant, il va vers eux. Et ça ne manque jamais, un coup de patte dans la gueule. Et, revenant toujours dans la rue, quand il ne dévale pas les pentes des toits ne devant sa survie qu’aux gouttières, il tombe des murs…!Mais le lendemain il est là, à nouveau, toujours il recommence avec la même foi, le même entrain. Il revient, semblant n’avoir besoin comme récompense que de ces brins d’herbes hautes autour desquels il fait des cabrioles, avec lesquels dans toute la joie du monde, il s’amuse, entre deux nouvelles avanies…!

Elle est dans ce papillon qui un après midi ensoleillé vient se poser sur un fauteuil roulant et qui captive l’attention et le sourire d’une personne malade et quand pendant quelques secondes ils semblent se regarder, presque se parler dans un langage mystérieux qui n’est pas le notre, une joie, une sérénité, une beauté s’expriment. La beauté simple, la joie pure des choses de la vie. Carpe diem, cueille le jour dit on, cueillir ces instants au milieu de nos tracas, de nos peines, elle est là la joie de vivre…!

Elle est dans ces mots soudainement clairs au milieu d’un océan de balbutiements mécaniques. Ces mots qui au détour d’un couloir sombre, au moment d’amorcer un virage et de prendre cette ligne droite que vous vous évertuez à faire passer pour une route ; ces mots qui accompagnés d’un sourire et d’un ton d’une lucidité, d’un apaisement, d’une clarté totale vous disent c’est drôle la vie…Et là, l’espace d’un instant vous vous surprenez à répondre à quelqu’un qui n’est plus là pourtant depuis des années, oui c’est drôle la vie…!

Elle est dans ces sourires que l’on croise, connus ou inconnus qui vous disent tu es là, tu es au monde, tu es dans la vie, tu es vivant. Ces sourires, ces mots de rien, ces mots de tout. Ces présences qui vous font du bien. Ces mots de rien , ils sont partout : ils vous attendent même au coin d’une caisse de supermarché et ils vous rendent la force. Ils ne sont rien et vous donnent envie de lutter, encore, toujours. Il y aurait tant à leur dire à ces sourires, ces mots de rien qui sont ce lien humain qui fait que vous n’êtes jamais complètement seul ni complètement désespéré. Ces sourires, ces mots de rien, ils sont la vie, la beauté de la vie, la joie de la vie…!

C’est vrai elle est difficile, injuste, cruelle, compliquée. On se creuse la tête et s’épuise le corps toute une existence pour lui donner un sens qu’elle n’a sans doute pas, c’est vrai. Aucun etre humain n’a jamais demandé à venir. Aucun contrat n’a jamais été signé disant qu’on acceptait ces jeux de souffrance. Il n’y a aucun contrat, juste le hasard d’un réaction chimique qui amena l’animus. Simplement du hasard et l’impuissance de consciences trop petites pour un monde trop grand. Elle n’est que ça la vie, un principe de reproduction, vide et bête à pleurer. Mais on est là. On est là et elle est tout ce que l’on a. Elle est tout ce que l’on est. Alors, elle nous mérite et on la mérite, cette vie de merde…!

Elle est un défi, alors il nous faut le relever. Elle est une lutte alors soit, luttons. Elle met des obstacles, c’est dans son principe alors dépassons les. Nous ne sommes pas dans la vie, nous sommes la vie. Sa beauté est la notre, sa joie, son espoir sont les nôtres. Alors oui, d’où je suis, dans l’état dans lequel je suis, je peux le dire, la vie est en moi. D’une certaine façon la joie est en moi. La force et l’espoir du combat en tous cas le sont…!

Ce soir, au terme d’un week-end un peu vide. Un de plus dans cette vie après ma vie. Un de plus dans cette période transitoire de déjà sept ans. Sur mon fil, entre l’abyme et la reconquête, je regarde ce ciel d’un crépuscule d’automne resté bleu. Je le regarde et je sens une force en moi. Je suis face à l’ombre et oui je peux le dire, je suis heureux et joyeux de vivre. C’est drole, mais c’est comme ça. Et puis, un jour, au détour d’un couloir sombre, une parole devenue impossible ne s’est elle pas ressuscitée un jour pour me le dire, c’est drôle la vie…? Une dernière parole revenue me le dire comme un ultime message…Alors oui, décidément c’est drôle la vie…!

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